Témoignages

Christian Bouchenoire – Altrad

Spontanément j’ai envie de témoigner sur les bienfaits que m’ont procuré les trois stages effectués au sein de l’Institut Ecoe.

Tout d’abord quelques mots me concernant. J’ai 65ans, je suis autodidacte. J’ai eu, au cours de ma carrière, trois employeurs. Le dernier, ou je travaille encore, est un Groupe qui compte aujourd’hui 25000 salariés et qui réalise un CA de 2.3MdsE. Je suis entré dans cette société en 1985 ; à l’époque le CA était de 60MF. J’ai débuté dans cette entreprise comme commercial puis très vitre j’ai eu la chance de pouvoir évoluer et occuper différents postes, chef des ventes régional, directeur commercial France et enfin Directeur Commercial de l’ensemble du Groupe.

Du statut de simple commercial je me suis donc très vite retrouvé responsable d’un CA conséquent. Je suis aussi devenu patron d’une trentaine de Directeurs Commerciaux à travers le monde lesquels animaient eux-mêmes +/- un millier de commerciaux. J’ai ainsi dû assumer ces responsabilités sans formation extérieure et pour seul bagage mon expérience terrain, mon énergie, mes convictions mais aussi mes maladresses.

Je me souviens que dans les premières années, si mon influence sur les ventes était positive, en revanche mon management était manifestement brutal et autocratique. Je n’écoutais que très peu, je restais sur mes convictions. Elles étaient le plus souvent cohérentes sur le fond mais la forme laissait à désirer. Je passais à coté de beaucoup d’atouts qu’aurait pu me procurer un management plus respectueux et bienveillant.

Puis deux événements successifs ont déclenché un processus de réflexion personnelle. Ceux-ci ont profondément fait évoluer mes principes managériaux.
Le premier a eu lieu pendant une réunion avec une dizaine de collaborateurs. J’étais comme à l’habitude, en train d’expliquer avec force et détermination, le bien fondé de mes attentes. Un de mes collaborateurs, très calmement est alors intervenu et m’a simplement dit qu’il était inutile de parler si « fort » et aussi directement. Il était d’accord avec tout ce que je disais mais il assurait, devant tous ses collègues, que l’adhésion de tous serait plus facile à obtenir si la forme était mieux « adaptée ». On en restait là, mais j’avais été ce jour-là interpellé par ce qu’il avait dit.

Quelques jours après, j’étais en formation chez Ecoé et il s’agissait de travailler en Groupe sur des exemples qui avaient compté dans la vie personnelle ou professionnelle de chacun d’entre nous. L’occasion m’a ainsi été donné de raconter cet épisode.
Déjà au fur et à mesure que je racontais comment s’était passée cette réunion, je prenais conscience des fautes d’expression commises. Puis tous ensemble, avec le Groupe de participants et les deux animateurs, nous avons eu l’occasion de mettre en évidence les inconvénients que procurait un management directif et en miroir de lister tous les avantages que pourraient apporter une attitude plus participative. L’exercice fut pour moi révélateur. La prise de conscience était d’autant plus facile que les animateurs proposaient des « possibles ». Jamais de jugement dans le processus du travail dirigé par ces deux animateurs mais plutôt des invitations à observer différemment, à détecter soi-même les mauvais réflexes…
Il s’agissait de prendre conscience que l’atteinte des objectifs poursuivis se ferait plus harmonieusement en obtenant l’adhésion de tous plutôt que dans la contrainte. L’exercice devenait ainsi « travaux pratiques », duplicables en toutes circonstances à venir.

Il devint alors évident pour moi qu’en usant d’un management plus bienveillant, j’obtiendrai de meilleurs résultats, mais aussi et surtout je préserverai mes collègues des dommages masqués d’un comportement directif.

Depuis la mise en pratique de ces préceptes acquis au cours des formations Ecoé, j’ai la grande chance de vivre une relation apaisée avec mes collègues. Cette atmosphère profite à tous, eux, moi et l’entreprise dans laquelle nous travaillons tous. La performance de mon périmètre d’intervention est bien meilleure car nous évoluons tous dans un climat serein. Je suis aussi désormais convaincu que c’est grâce à des conditions de travail comme celles-ci que nous évitons le turnover dans les équipes et que nous ne devons pas à craindre de burnout pour nos manageurs.

Désormais j’essaie, autant que faire se peut, de faire profiter de cette expérience pour mes jeunes collègues. Ceux-ci se comportent trop souvent comme je le faisais moi-même à leur âge. Pour tenter de les convaincre de l’intérêt à privilégier ces attitudes managériales bienveillantes, je commence souvent mes phrases en leur demandant si cela les intéresse de gagner 20 ans sur la nature de leur management. Tous m’écoutent mais seulement certains d’entre eux m’entendent. Mais je continue car je suis convaincu que ce n’est pas vain.